Carnet de quartier — 24 juillet 2026
Barrio Amón à pied
Exemple
Au nord du centre de San José, Barrio Amón aligne les maisons construites par les familles du café entre 1890 et 1930. Le quartier se traverse en une heure ; il mérite une matinée entière.
Barrio Amón occupe quelques rues au nord du centre de San José, entre l'avenue 7 et le ravin du río Torres. Le quartier se traverse en une heure. Pour le lire vraiment, il faut une matinée, et lever la tête.
Les maisons du café
Le quartier est né dans les années 1890, quand les familles enrichies par le café ont quitté le centre pour bâtir sur ces pentes. Il porte le prénom d'Amon Fasileau Duplantier, un négociant français en café qui lotit alors ces terrains. Les familles ont construit selon leurs goûts : bois tropicaux, briques et ferronneries importées d'Europe, vérandas tournées vers la rue.
Le résultat se voit encore, maison par maison. Ici un pavillon de bois peint à galerie, là une façade à carreaux de céramique, plus loin une villa de béton aux lignes géométriques des années 1930. Certaines maisons sont restaurées, d'autres attendent. Toutes se regardent depuis le trottoir.
Les rues suivent la grille de San José : avenues d'est en ouest, rues du nord au sud. L'avenue 9 et les rues 3 à 7 concentrent l'essentiel. Les distances sont courtes ; on revient volontiers deux fois devant la même façade.
Deux parcs et un kiosque
Au sud du quartier, deux parcs se font suite. Le parc Morazán s'organise autour de son kiosque à coupole, le Templo de la Música, élevé en 1920. Le soir, on s'y assoit ; le matin, on le traverse en diagonale.
Le parc España, juste à l'est, est plus dense : des arbres hauts, une ombre épaisse, des sentiers courts. À sa lisière se dresse l'Edificio Metálico, une école dont les panneaux de métal ont été fondus en Europe puis assemblés sur place à la fin du XIXe siècle. Elle sert toujours d'école ; à l'heure de la sortie des classes, le quartier change de rythme.

Le marché central
À une dizaine de rues au sud-ouest, le marché central occupe le même îlot depuis 1880. On y entre par une porte étroite ; à l'intérieur, les allées couvertes se croisent comme des rues.
On y trouve les étals dans l'ordre du quotidien : fleurs, herbes, poissons, sacs de café en grains, quincaillerie. On déjeune au comptoir, coude à coude, d'une assiette du jour. Le marché ferme le dimanche ; le samedi en fin de matinée, il est plein.

Marcher, simplement
San José s'explique par ses distances. Les adresses s'y donnent en mètres depuis un repère connu : cent mètres au nord de l'église, deux cents à l'est du parc. Cent mètres valent une rue. Le système déroute un jour, puis devient naturel.
La ville est à 1 150 mètres d'altitude. Les matins sont doux, les fins d'après-midi pluvieuses de mai à novembre. La règle du quartier en découle : marcher le matin, être à couvert quand la pluie arrive, ressortir après.
Le dimanche, le quartier est à son plus silencieux. Les écoles sont fermées, le marché aussi ; restent les parcs, les façades et les oiseaux du ravin. C'est le jour où l'on photographie les maisons sans attendre entre deux passants.
De Barrio Amón, l'avenue centrale piétonne est à un quart d'heure à pied vers le sud. On y descend en fin de matinée, quand les rues du quartier retombent dans le calme et que le centre, lui, commence.
La rédaction